Il y aura, au Théâtre Périscope

Il y aura, une création de l’auteur et metteur en scène Jean-Philippe Joubert, présentée au Théâtre Périscope du 12 au 30 janvier 2010.

Une critique d’Hélène McClish

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Ce spectacle solo met en scène Roland Lepage qui a reçu en novembre dernier, le prix Denise-Pelletier qui soulignait, à la fois, 60 ans de carrière mais également sa contribution au développement du théâtre québécois.

Un homme déambule dans un espace dépouillé, un lieu qui rappelle tantôt les dunes de sable, tantôt une plage sculptée par le ressac de la mer. Au centre un arbre. En arrière plan, se dessine le ciel, tantôt couché de soleil, tantôt d’un bleu limpide entaché par les feuilles d’un arbre. L’homme se déplace, en quête d’un lieu très particulier, traînant derrière lui une caisse de bois renfermant, entre autres, une robe bleue… dernière trace, peut-on présumer, d’une femme qu’il a passionnément aimée… Tout au long de la pièce, il dépliera le délicat tissu pour redonner vie à cette femme à travers cette robe qu’il fera tournoyer, qu’il pressera contre lui, qu’il revêtira pour qu’une fois encore elle épouse les formes humaines… s’amorcera avec le souvenir de cette femme un dialogue à une seule voix…

Dépourvue de fil narratif, cette œuvre n’est pas une histoire en soit, elle relate une quête qui est essentiellement symbolique, une quête qui prend forme à mesure que les bribes de sa vie s’entrelacent, l’œuvre relève de la poésie et de l’évocation, … on a l’impression que l’homme traîne derrière lui ce qu’il lui reste de sa vie, le poids de sa vie, et qu’il est à la recherche d’un lieu pour se poser et laisser derrière lui ses souvenirs… Le texte inspiré des œuvres de l’auteur roumain Émile M. Cioran (Précis de décomposition, De l’inconvénient d’être né) propose une incursion dans l’intimité de l’humain… l’interprétation de Roland Lepage humanise la douleur, donne un visage au deuil …

Les productions de Nuages en pantalon accordent une place importante à la gestuelle et cette production ne fait pas exception. Ces passages ont quelque chose de méditatif, cette retenue dans le geste impose une lenteur au rythme de la pièce… une œuvre qui est également bercée par la musique de Jean-Sébastien Bach …

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