La reine Margot, à La Bordée

La reine Margot, à partir du texte d’Alexandre Dumas, mise en scène de Marie-Josée Bastien, présentée au Théâtre La Bordée du 12 janvier au 6 février 2010.

Une critique d’Hélène McClish

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Marie-Josée Bastien est parvenue à condenser un roman de plus de 700 pages en une pièce de 3h00 (entracte compris)… de surcroît un 3h00 passionnant qui nous transporte en plein cœur de la France du XVIe siècle où intrigues familiales, infidélités, meurtres se trament en coulisses alors que l’on prépare le mariage symbolique du protestant Henri de Navarre, qui deviendra le roi Henri IV, et de la catholique Marguerite de Valois, soit la reine Margot.

Au rythme des alliances et des désaveux, on assiste aux différentes manigances qui ont pour seul motivation la quête du pouvoir… Bien que la trame historique a été édulcorée, notamment en ce qui concerne le massacre de la Saint-Barthélemy et le conflit entre catholiques et protestants, il n’en demeure pas moins que le fil narratif demeure limpide… j’irais même jusqu’à dire que l’œuvre a gagné en humanité… Au-delà de l’histoire, on découvre les relations difficiles entre Catherine de Médicis et sa fille Marguerite de Valois, la passion de Marguerite pour le compte de la Mole, une relation qui donne lieu à des étreintes passionnées…

On a plaisir à goûter les nuances de chacun des personnages, ils sont étoffés, pleins de nuances. En réaction au tragique de leur vie, c’est une ode à la passion qui nous est proposée… Quelques interprétations marquantes, le tandem offert par Danielle Lépine et Marie-Ève Pelletier, qui campent respectivement Catherine de Médicis et Marguerite de Valois, des êtres tragiques, habités par l’ambition, la passion et le désir.

La mise en scène, qui a une facture somme toute traditionnelle, est tout en rythme ce qui permet d’excuser certaines interprétations inégales de quelques-uns des 11 comédiens qui se partagent la scène. Le décor, constitué d’un jeu d’arches, se prête à l’orchestration de complots… Fait marquant, la façon dont Marie-Josée Bastien est parvenue à non pas simplement suggérer, mais à nous faire percevoir l’écoulement du temps… tout simplement remarquable!

Les costumes rappellent les tenues vestimentaires portées à la Cour, des vêtements auxquels on a donné une facture contemporaine en intégrant de petits détails, notamment la présence de fermetures éclair à titre d’ornementation… un bel équilibre se dégage de l’ensemble… J’avais de grandes attentes à l’endroit de Marie-Josée Bastien… et je n’ai pas été déçue! Une excellente pièce qui nous fait redécouvrir et apprécier l’œuvre de Dumas!

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