Archive for the ‘Suggestions Jardin’ Category

Le vermicompostage

2010/09/01

Rencontre, ce matin, avec l’équipe d’Éco-Quartier, autour de la question du vermicompostage. Quelques conseils, quelques trucs, quelques incontournables. On vous rappelle que si vous souhaitez en savoir un peu plus sur la question, n’hésitez pas à contacter l’équipe d’Éco-Quartier, que ce soit via le téléphone (418 522-4580), via le web (www.eco-quartier.org) ou physiquement, au 798, 12e Avenue, à Limoilou.

Cela étant dit… Voici les conseils et réflexions…

AVERtissement : Un premier point à éclaircir sur la vie tumultueuse des vers de terre : la Société Protectrice des Vers de Terre (SPVT) nous prie de vous dire qu’il n’est pas vrai qu’un ver coupé en deux va faire repousser ses deux parties pour donner deux individus ; à la rigueur, la partie contenant le plus d’organes vitaux va survivre… peut être ! Pour la multiplication des vers, la méthode traditionnelle est plus efficace car ils/elles sont hermaphrodites, c’est-à-dire que chaque individu a les deux sexes, ce qui fait que, après maintes copulations, la population double après trois ou quatre mois dans nos bacs de vermicompostage. Ce doit surement être beaucoup plus agréable que la lame d’un couteau !

Qu’est-ce que le vermicompost ?

C’est une manière simple et peu dispendieuse de se débarrasser  de ses déchets végétaux de cuisine avec de petits animaux de compagnie, affectueux, dociles,  silencieux qu’on a pas besoin de sortir et qui ne grignotent pas les pieds de chaise ou autres pièces  d’ameublement. Leurs donner un nom individuel est cependant virtuellement impossible et peut     causer des insomnies, nous préférons vous en aviser !

Pourquoi composter ?

-40% de nos poubelles sont compostables.

-Réduire les GES.

-Réduire la contamination des sols et de la nappe phréatique.

-Faire de l’engrais avec des déchets de cuisine.

Les principaux micro-organismes

-Vers Eisenia fœtida

On les appelle vers rouges, vers à fumier ou vers à compost. Ils sont rouges pour la variété la plus commune au Québec et ils sont longs d’environ 2 po (5 cm). Ils aiment les végétaux relativement frais et peu décomposés : ce sont les premiers ouvriers à se mettre au travail. Très vigoureux, ils sont toutefois trop minces pour être mis sur l’hameçon.  Absents depuis la dernière glaciation, ils font un retour au Québec grâce aux humains.

Lombrics

Ce sont nos vers de jardin : ils peuvent atteindre 12 po (30 cm). Ils sont bruns rougeâtres et ce sont eux qu’on aperçoit en train de ramper sur les allées et les trottoirs des  parcs après plusieurs heures de pluie continue. Ils aiment les végétaux en grande partie décomposés qu’ils ramènent à leur trous de sortie pour les dévorer et les réincorporer au sol. Ce sont les lombrics qui finissent le travail. Ils peuvent servir à la pêche.

Les vermicompostières

Matériel : bacs plastique, papier journal déchiqueté en noir et blanc, sable et vers à compost.

Fabrication :

Lavage du bac avec un savon doux : pour enlever la mince pellicule d’huile de démoulage lors de la fabrication du bac.

-Perçage des trous : On en perce une quarantaine dans le couvercle (1/4 po) et quatre dans le fond du bac (3/4 po) pour assurer l’aération.

-Humidification du papier : le papier journal sert :

-à cacher les résidus de cuisine

-à conserver un bon taux d’humidité

-à garder une réserve de nourriture aux vers.

Mélange du sable : à mettre au début pour que les vers puissent broyer leur nourriture.

Introduire les vers : nos principaux ouvriers.

Nourriture

-Quantité : Chaque kg de vers consomme un demi kg de matière organique chaque jour

-Matière verte (verte, molle et humide) VS matière brune (brun et sèche)

-Vert : résidus de fruits et légumes, marc de café avec filtre non blanchi

-Brun : vieux terreau plantes intérieures en santé, papier non blanchi

-Non acceptables : vinaigre, gras et sel, litière à chat ou autres excréments, résidus de viande ou de poissons, produits laitiers, poussières

-Cas particuliers :

-pulvérisez finement vos coquilles d’œufs au moulin à café et saupoudrez-en une  c.-à-café sur la surface de votre litière à chaque fois que vous alimentez vos vers.

-éviter les agrumes, l’ail et les oignons, les noyaux et les parties dures des végétaux.

Conditions pour les compostières

-Température : 15-300C

-Aération : Laisser libre les abords du bac pour que l’air puisse circuler. Surélever la compostière.

-Vibrations : Éloigner le bac des sources de vibrations comme les laveuses et les sécheuses.

Récolte de compost :

Deux méthodes peuvent être utilisées :

-Courte : tri manuel sur quelques heures (méthode des petits monticules).

-Longue : les vers déménagent par eux-mêmes sur une période d’un mois en suivant la nourriture.

Problèmes courants :

-Odeurs : trop de nourriture, trop humide, trop acide.

-Les vers veulent s’évader : trop humide, trop acide, trop de fumier, trop de vers, nouvel habitat.

-Mouches : nourriture à l’air libre, trop de nourriture.

Quoi faire avec le vermicompost ?

Attention c’est un engrais très riche : c’est de l’or brun !

-C’est le seul compost directement utilisable dans les plantes intérieures (en mettre 1 cm à incorporer en surface).

-On peut en donner à sa famille, à ses amiEs, à ses voisinEs

-Et en dernier recours : on en met dans nos plates-bandes, dans les balconnières ou au pied de l’arbre qui s’ennuie au coin de la rue.

Une dernière recette : le thé de compost pour les plantes d’intérieures :

-Placer quelques bonnes cuillères de vermicompost dans un contenant rempli d’eau.

-Laisser macérer toute la nuit.

-Filtrer et retourner les résidus solides au compost.

-Le liquide devrait avoir une belle couleur de thé Orange Pekoe ; s’il est trop foncé, le réduire avec de l’eau ; s’il trop pâle, ajouter plus de vermicompost et laissez-le macérer jusqu’au lendemain.

On peut aussi faire ce thé avec du compost extérieur, ce qui évite d’entrer des petits amis  indésirables dans la maison.

En plus du compostage communautaire, Éco-Quartier organise des séances d’information sur le vermicompostage et a aussi mis sur pied un volet VermiTroc où les composteurEs qui ont les pouces… «vers» peuvent venir revendre leurs surplus de population de petits amis. Ceux-ci serviront à démarrer des vermicompostières chez de nouveaux composteurEs.

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Préparation du jardin pour l’hiver

2010/08/19

Passage de l’équipe d’horticulteurs d’Éco-Quartier ce matin. Robert Bélanger et Jean-Pierre Malo nous ont offert un survol des actions à entreprendre en route vers l’hiver, côté jardin.

On vous rappelle que si vous souhaitez avoir plus de détails sur la question, ou si vous voulez profiter (ou découvrir) les ressources proposées par l’organisme Éco-Quartier, on vous réfère soit à leur site Internet, ou sinon on vous propose de vous rendre sur place, au 798, 12e Rue, à Limoilou.

Cela dit… Voici les éléments que le collectif a apporté à nos oreilles ce matin…

1) Mettre le fumier si nécessaire ou attendre au printemps pour l’application traditionnel du compost :

  • Attendre en octobre pour éviter une reprise des bourgeons qui seront alors très fragiles au gel.
  • Ne pas travailler trop tard en saison car les vers se fabriquent alors de petits abris avec de la paille et le fait de retourner la terre les soumet au gel et à l’appétit des oiseaux.
  • Les 2 exceptions à cette règle : lors d’une infestation de vers blancs, de vers taupin, etc. Ou pour laisser le gel briser les grosses mottes de terre et si votre terre est argileuse.

2) Couvrir les plates-bandes de paillis et d’engrais verts :

  • Les paillis (paille, bois raméal fragmenté-BRF) empêchent l’érosion par l’eau et le vent,         garde l’humidité et fournit de la matière organique au sol ainsi qu’aux vers. On recouvre    juste après que les plates-bandes soient vidées de leur récolte.
  • On sème l’engrais vert jusqu’au début septembre. Ce sont des cultures qui sont destinées à être enfouies lorsqu’elles sont encore vertes. On peut semer des légumineuses qui apporteront de l’azote     au sol comme le trèfle, la féverole, la luzerne ou des graminées qui apporteront de la matière   organique comme de l’avoine, de l’orge, du sarrasin, du seigle d’automne. Un autre avantage de     cette dernière céréale est qu’elle émet une substance allélopathique par ses racines qui inhibe la pousse du chiendent… sans l’éliminer ! (Wikipédia : L’allélopathie est l’ensemble de plusieurs interactions biochimiques directes ou indirectes, positives ou négatives, d’une plante sur une autre (micro-organismes inclus).

3) Soins du sol :

  • Analyse de sol (pH, % mat. organique, type de sol) : Faire une analyse de sol peut être intéressante  lorsqu’on aménage un nouveau jardin ou pour contrôler la validité de nos méthodes après plusieurs années de culture.
  • Mettre de la chaux si nécessaire : Suite à votre analyse de sol, ajouter de la chaux dolomitique qui contient aussi du magnésium en plus du calcaire. Attendre 2 semaines après l’application de la chaux pour  ajouter du compost. Il vaut mieux ajouter de la chaux en petite quantité sur plusieurs années que de faire une application massive : l’effet sera moins dramatique sur les organismes bénéfiques du sol.

4) Préparation autour du jardin :

  • Nettoyer, huiler, dérouiller, aiguiser les outils : les nettoyer à chaque utilisation pendant la saison de jardinage rendra la corvée plus facile à faire l’automne venu.
  • Nettoyer et ranger les treillis, tuteurs : Un nettoyage à l’eau pour dissoudre les particules de terre suivi d’un bon séchage avant l’entreposage les conserveront en bon état pour plusieurs années. C’est alors le temps d’appliquer un préservatif comme l’huile de lin sur les pièces de bois.
  • Ranger les bacs à réservoir : Tout d’abord, enlever toutes les adventices (mauvaises herbes) et vider l’eau du bac extérieur. On peut ensuite mettre le couvercle sur le bac intérieur ou recouvrir les bacs d’une bâche. On peut aussi les placer à l’abri dans un cabanon ou une cave. Le terreau peut être conservé     plusieurs années pour autant qu’il ne se soit pas déclaré de maladies. On ajoute alors à chaque  printemps ¼ du volume du bac en compost.

5) Soins des plantes :

  • Planter l’ail : jusqu’au 15 décembre, idéalement vers le 15 octobre
  • Tailler la vigne : Permet le rajeunissement. On pique ensuite l’extrémité de la tige au sol pour la garder  sous la neige tout l’hiver et éviter son desséchement. Un bon cours sur la taille de la vigne vous  sera utile.
  • Tailler les framboisiers : Éclaircir les tiges à 10 à 15 cm en enlevant les tiges qui viennent de terminer leur 2ème année pour les framboisiers standards, non-remontants. Ces framboisiers ne produisent des fruits que sur les tiges de 2ème année.
  • Taille des autres arbustes fruitiers (bleuets, gadelliers, cassissiers, groseilliers) : Il serait trop long de détailler les méthodes pour chacune des variétés. Procurez vous la brochure de Monique Audette le Guide de culture des cassissiers, groseilliers et gadelliers
  • Semer roquette, chou chinois, épinard, radis et radis d’hiver, laitue : jusqu’au début septembre.
  • Récolter les dernières laitues, choux, oignons, carottes, radis, radis d’hiver : Les laitues, bettes à carde,  choux (d’hiver, kale, de bruxelles) et les pommes sont plus sucrés après les premiers gels légers car leur amidon se sépare en sucres plus simples.
  • Diviser les vivaces (les fleurs, la rhubarbe) : jusqu’au début octobre et plus pour les arbres
  • Planter les vivaces : jusqu’au début octobre
  • Planter les arbres et arbustes : jusqu’au début octobre et plus pour les arbres
  • Taille des pommiers : ces fruitiers seront taillés en mars si nécessaire avant le débourrement des bourgeons. Un bon cours sur la taille des pommiers vous sera utile. Jean Richard a publié des livres utiles et complets avec la méthode suisse qui privilégie la taille pyramidale plutôt que en «gobelet»pour un meilleur ensoleillement.

6) Bibliographie :

  • Monique Audette : Guide de culture des cassissiers, groseilliers et gadeliers
  • P. Grisvard : La taille des arbres fruitiers
  • Jean Lamontagne : Entretien et taille des arbres fruitiers au Québec
  • Lili Michaud : Mon potager en santé
  • Jean Richard : Arbres et arbustes fruitiers

Purins et insecticides maison

2010/08/11

Atelier sur les purins et les insecticides maison, préparé par Robert Bélanger et Jean-Pierre Malo, d’Éco-Quartier.

La prévention a bien meilleur goût et elle est plus efficace.

TOUT D’ABORD PRÉVENIR!

Quand on découvre une infestation d’insectes parmi les plantes de notre potager, notre premier réflexe est souvent de leur lancer la foudre, d’employer les grands moyens tel Zeus du haut du ciel. Mais les grands moyens, comme la foudre d’ailleurs, ont l’inconvénient de faire plus de dégâts que de bienfaits. Et dans le cas des pesticides, de nous en laisser manger les résidus.

Aussi vaudrait-il mieux prévenir l’infestation que de la guérir à l’aide de la chimie. Le compagnonnage est un bon début, les plantes veillant les unes sur les autres. Quelle joie pour les jardinierÈREs débordéEs… ou paresseuxSES. De plus, il existe beaucoup de publications pour nous enseigner les bonnes combinaisons, quoique l’on puisse trouver quelques opinions différentes selon les sources utilisées ; il faut apprendre à faire nos propres expériences.

La rotation des cultures, d’année en année, diminue le risque du retour d’un insecte parasitant une famille de légumes particulière. En ressemant au même endroit, vous faites qu’il retrouve, sans se fatiguer, les conditions optimum pour se développer. Et vous assurez ainsi l’avenir de la prochaine génération.

On peut aussi planter au début de la saison quelques plantes que les bibittes n’aiment vraiment pas. Ces plantes peuvent dégager une certaine odeur comme l’Œillet d’inde (Marigold), le Souci (Calendula) ou l’Anis. Le basilic et l’ail accompagnent ainsi particulièrement bien les tomates.

La Rue exsude un produit qui reste sur ses feuilles … jusqu’à la prochaine pluie. Il se dilue alors dans le sol et chasse les indésirables.

L’ail et l’oignon sont des plantes de la même famille, et qui, en plus d’éloigner ceux avec qui vous êtes en conversation, éloignent un certain nombre d’insectes. Plantez-en partout dans votre jardin (surveillez cependant le compagnonnage). L’ail va très bien avec les rosiers … et n’affecte pas l’odeur de leurs fleurs !

Le lin commun, peu dispendieux à l’achat, peut être semer abondamment autour des plants de pommes de terre dont la doryphore, rayée de beige et brun, est si friande. Il ne faut pas la confondre avec la coccinelle, rouge à pois noirs, qui, elle, dévore quantité de pucerons.

L’idéal est donc de combiner ces différentes méthodes de culture et de laisser quelques emplacements pour des plantes à aromes insectifuges. Une grande part de ces plantes sont décoratives et comestibles, alliant ainsi l’utile à l’agréable.

PURINS-BUSTERS ET AUTRE MACÉRATIONS

Mais quelques fois, malgré toutes vos précautions, la prévention n’a pas suffit. Vous vous retrouvez avec des insectes qui s’invitent à déjeuner tous les matins dans votre jardin. Ou des champignons, des moisissures, de vilaines taches brunes (jaunes, rouges, faites votre choix !) apparaissent-ils sur vos plus magnifiques plantes ? Ces dernières prennent-elles un air essoufflé, jaunissant, sous le chaud soleil de juillet et ce, sans raisons particulières ?

Vite, employez les purins-busters ! Tous ceux qui sont présentés plus bas ont au moins une utilité pour votre jardin. Mais d’abord, qu’est-ce qu’un purin ?

La base d’un purin est constitué par la fermentation dans l’eau d’une ou de plusieurs plantes reconnues pour leurs actions reconstituantes. La prèle, par exemple, est antifongique (anti-champignons) tandis que l’absinthe est insecticide et que la luzerne est fertilisante.

Les purins recèlent de bonne quantité d’oligo-éléments, de phytohormones et de vitamines. Ils contiennent aussi de l’azote, du phosphore et du potassium en quantité variable selon les plantes utilisées. Comme ces éléments sont en grande partie solubles et directement assimilables par les végétaux, les purins ne devraient être utilisés que comme fertilisants d’appoint pour compléter la fertilisation par compost ou par fumier.

On peut se servir d’une plante seule ou fabriquer son propre mélange selon ses besoins particuliers et selon les végétaux disponibles. Il faut alors faire attention à la dilution avant application qui n’est pas la même selon que l’on fait une vaporisation sur les feuilles ou que l’on fait un arrosage de la terre. Le liquide dilué de cette dernière méthode ne doit pas toucher aux feuilles car il pourrait les brûler.

Le matériel dont vous aurez besoin sont assez facile à trouver : casserole, chaudière de plastique de 5 gallons avec couvercle, filtre (guenille de coton, etc.), bâton à brasser, vaporisateur, savon à vaisselle et plantes fertilisantes, insectifuges ou insecticides.

Les différents produits peuvent être vaporisés sur les feuilles ou appliqué sur la terre autour des plants à traiter ou à fertiliser. On peut aussi traiter les plants en continu plaçant les purins plus dilués dans l’eau d’arrosage. C’est la fertigation (fertilisation + irrigation). Dans les cas de vaporisations foliaires, on ajoute quelques millilitres de savon à vaisselle pour que le purin adhère aux feuilles.

On ne doit rien appliquer sur les feuilles quand la température dépasse 260C. Les pores des feuilles se referment à cette température et le produit sèche sans être absorbé en formant une couche hermétique empêchant la libre respiration de la plante.

Les trois principales méthodes pour préparer les plantes entrant dans les purins sont :

  • la macération : Remplir une chaudière de plastique de 5 gallons avec les plantes choisies, sans les      compresser. Puis on couvre avec de l’eau. Laisser macérer les plantes dans l’eau froide pendant 10  jours. On brasse avec un bâton chaque jour. Déposez un couvercle sur le seau sans le fermer     hermétiquement. Après quelques heures, la fermentation s’amorce. On filtre et on dilue le liquide   odorant si nécessaire.

Il est normal qu’une certaine… odeur se manifeste pendant la macération, il ne faut pas s’en inquiéter.   Veillez simplement à ne pas rester sous le vent et fournissez les épingles à linge pour le nez de vos   voisins. Appliquer les purins le soir est un autre solution, l’odeur se dissipant pendant la nuit.

  • la décoction : Placer des plantes recouvertes d’eau froide dans une casserole et amener à  ébullition. Laissez mijoter 45 à 60 minutes. Refroidir. Filtrer. Appliquer.
  • l’infusion : Plonger les plantes dans une casserole d’eau bouillante, couvrir et laissez refroidir jusqu’au lendemain. Filtrez. Appliquer.

LES INSECTICIDES MAISON

Avant de recourir aux insecticides commerciaux, le jardinier peut fabriquer lui-même plusieurs insecticides très efficaces et plus respectueux de l’environnement.

Ail

Faites macérer 20 g d’ail haché dans 20 ml d’huile végétale pendant 24 heures. Ajoutez à l’huile 1 litre d’eau et 10 ml de savon biodégradable; mélangez et tamisez ce liquide qui constitue le concentré. Pour les vaporisations, le diluer dans 4 volumes d’eau. Afin d’augmenter le pouvoir insecticide de cette préparation, on fait bouillir 5 piments forts dans 2 litres d’eau qu’on laisse réduire de moitié. Le litre obtenu sera utilisé avec l’ail et le savon pour préparer le concentré. Cette macération a un effet préventif sur les maladies fongiques et bactériennes et les acariens, les pucerons et le tarsonème du fraisier. En curatif, elle éloigne les pucerons des rosiers.

Lessis

C’est une macération de cendre pour contrôler les larves de la mouche du chou, de la mouche de la carotte et de la mouche de l’oignon. Placez 1 kg de cendres dans un seau d’eau, brassez et laissez macérer toute la nuit. Le lendemain, la cendre se sera déposée au fond. Les arrosages préventifs sont plus efficaces que ceux qui visent à enrayer une infestation. Apporte rapidement du calcium aux tomates dans les cas de pourriture apicale (carence). Attention à l’accumulation de métaux lourds et à la «propreté» du bois brûlé (peinture, vernis, préservatif).

Sel

Contre la piéride du chou. Diluer 1 c. à thé de sel dans 1 litre d’eau et pulvériser sur les plants. À répéter après chaque pluie.

LES PURINS ET DÉCOCTIONS INSECTICIDES

Les fleurs de la tanaisie et de l’absinthe ou les feuilles de tabac, de nicotine, de rhubarbe ou de raifort peuvent servir à la fabrication de purins et de décoctions insecticides efficaces contre un bon nombre d’insectes. Remplissez à moitié un chaudron de feuilles (rhubarbe, tabac ou nicotine) ou de fleurs (tanaisie ou absinthe), puis  le remplir d’eau. Faites bouillir 30 minutes et laissez macérer quelques heures. Filtrez et vaporisez sur les plants. Ces préparations peuvent être utilisées comme produit insecticide ou insectifuge.

Rhubarbe

On infuse 5 à 6 feuilles de rhubarbe durant 24 heures dans 4 litres d’eau bouillante. Filtrer et utiliser en vaporisation foliaire non diluée. Contre les limaces.

Tanaisie

Cette herbe sauvage est considérée comme profitable, sa forte odeur en fait un précieux répulsif d’insectes. Pulvérisée après infusion (300 g pour 10 litres d’eau), elle éloigne les acariens du fraisier et de la ronce, les fourmis et les pucerons. En décoction (même quantité), il faut l’utiliser contre le carpocapse et la mouche du chou au moment des vols.

La tanaisie sous forme de purin est particulièrement efficace contre la chrysomèle rayée du concombre, en synergie préventive d’un paillis déposé à la base des plants pour éviter toute ponte des chrysomèles… De plus, le purin de tanaisie semble avoir un effet bénéfique sur la croissance et la qualité des plants de brocolis.

Recette simple de purin de tanaisie:

  1. Remplir un baril de plants de tanaisie fraichement coupés(tiges, feuilles et inflorescences).
  2. Évitez d’arracher les racines pour permettre des récoltes subséquentes.
  3. Remplir le baril d’eau et laisser macérer le tout pendant 10 jours.
  4. Arrosez préventivement et sans autre dilution vos plants de concombre dès la première apparition des chrysomèles au jardin, faites l’application du purin de préférence en fin de journée après l’arrosage normal de vos plants, le purin ayant une odeur de fumier qui se dissipe au cours de la nuit, vous incommoderez moins votre voisinage et vous éviterez que vos feuilles ne brûlent au soleil.
  5. Après utilisation vous pouvez remplir votre baril à nouveau et laisser macérer encore quelques jours le restant des plants de tanaisie.
  6. Vous serez prêt pour une nouvelle application.

LES FONGICIDES MAISON

Bicarbonate de soude

Vaporiser les plants en prévention ou en traitement contre les maladies fongiques en général dont le mildiou. Diluer 1 c à thé de bicarbonate de soude dans 1 litre d’eau. Ajouter 1 c. à thé de savon insecticide.

Lait

Vaporiser les plants en prévention ou en traitement contre les maladies fongiques en général dont l’oïdium. Diluer 1 partie de lait dans 9 parties d’eau.

Prêle

Utilisée en décoction, la prêle a un effet préventif et curatif sur de nombreuses maladies fongiques : mildiou, oïdiums, rouille, tavelures et septoriose de la tomate ! Associée à du purin d’ortie, cela devient un fertilisant doublé d’un fongicide sans équivalent. Remplir une casserole de prêle sans la racine et recouvrir d’eau froide. Amener à ébullition. Laissez mijoter 45 à 60 minutes. Refroidir. Filtrer. Application en vaporisation foliaire, à dilution 1/10, en prévention ou en traitement contre les maladies fongiques.

LES INSECTICIDES BIOLOGIQUES COMMERCIAUX

Utilisés rationnellement et en dernier recours, les insecticides biologiques commerciaux ont leur place dans la régie du potager. Le jardinier avisé emploiera de  préférence les plus sélectifs et les moins rémanents (durée de vie courte) afin de minimiser leur impact sur le milieu.

Savon insecticide

Le savon insecticide est composé de sels de potassium et d’acides gras. Il tue les insectes en affectant leur système nerveux. Il est particulièrement efficace contre les pucerons, les mites et les perce-oreilles. C’est un insecticide de contact; il doit donc être vaporisé directement sur l’insecte nuisible.

Bacillus thuringiensis ou Bt

Le Bt est un insecticide bactérien très sélectif. Il permet de contrôler très efficacement toutes les chenilles. La bactérie tue en affectant le système digestif. Le Bt est utilisé aux 2 semaines sur les choux de la mi-juin à la fin de septembre ou au besoin. Une souche différente de Bt permet de contrôler efficacement la larve du doryphore de la pomme de terre.

Terre de diatomées

La terre de diatomées est un résidu fossilisé de silice provenant d’organismes unicellulaires, les diatomées, qui vivent à la surface des océans. Les cristaux de silice ont des angles très vifs qui perforent la membrane protectrice des insectes qui s’y frottent. Ceux-ci perdent alors leur liquide corporel et meurent. Si le produit est ingéré, il perfore le système digestif de l’insecte. La terre de diatomées n’est pas un poison car elle agit mécaniquement.

Cependant, ce produit est non sélectif et il affecte également une foule d’insectes utiles ainsi que le ver de terre. On l’utilisera donc en dernier recours pour les limaces et les perce-oreilles dans les cas d’infestations sévères. La terre de diatomées n’est pas dommageable pour les animaux à sang chaud.

Borax et acide borique

Contre les fourmis et perce-oreilles. Lors de l’ingestion, devient un poison dans le système digestif. Les fourmis le transporte dans la fourmilière et contaminent toute la colonie.

Huile de Neem

Contre les altises, pucerons, vers gris, doryphores et la piéride du chou. C’est un répulsif qui entraine des bouleversements comportementaux et physiologiques mortels pour les insectes à différents stades de leur développement. Peu sélectif, il est aussi toxique pour les insectes bénéfiques (coccinelles, abeilles et animaux aquatiques). Évitez d’appliquer en plein soleil car il est photodégradable.

AMENDEMENTS MAISON

Ortie

On l’utilise sous forme de purin (1 kg de plante sans la racine pour 10 litres d’eau) qu’on dilue ensuite à 1 partie de purin pour 20 parties d’eau. Une mixture pestilentielle mais son action est extraordinaire sur toutes les cultures potagères : il stimule et renforce les plantes (tomates, haricots, poireaux, etc.), prévient le mildiou et éloigne les pucerons et les acariens.

Thé de compost

Placer une bonne pelletée de compost au fond d’une chaudière de 5 gallons, remplir d’eau au trois-quarts et laissé reposer toute une nuit. Transférer le liquide dans un autre contenant. Il devrait avoir une belle couleur de thé «orange pekoe». Diluer-le s’il est trop foncé ou le remettre dans le 1er seau avec un supplément de compost pour une autre journée. Les résidus de compost peuvent être remis… au compost.

BIBLIOGRAPHIE

  • Lili Michaud  : Mon potager en santé
  • Yves Gagnon : La culture écologique des plantes légumières
  • Yves Gagnon : La culture écologique

Le jardinage et les pestes

2010/08/05

Visite en ce mercredi 4 août de Robert Bélanger, d’Éco-Quartier. Après un regard, la semaine dernière, sur le jardinage en bac sur asphalte (cours, balcons, toits) et la préparation des dits bacs (dont vous trouver l’essentiel de l’information sur le portail d’Éco-Quartier), il est passé sur les ondes du 89,1 cette semaine pour nous parler jardinage. Et pestes. Petit résumé de ces trucs et conseils.

D’abord, les mauvaises herbes.

Si vous avez des plantes à rhizomes, il vous propose, en général, l’arrachage à la main, en faisant attention au petit morceaux. Exemple: pour la menthe ou pour la salicaire pourpre.

Cela dit: attention toute particulière au chiendent. L’envahissement via cette mauvaise herbe peut être ralentie ou stoppé si vous plantée de la seigle d’automne (qui pourra d’ailleurs servir à enrichir votre terre, une fois morte). Pour ce qui est de la renouée japonaise, pas de solution. Il faut simplement éviter d’en semer. Ou qu’un voisin en sème. Impossible de s’en débarrasser sans devoir utiliser des herbicides violents, tels le Round-up.

Parallèlement, si vous avez des problèmes avec des plantes dites à graines (pisselits, herbe à poux, graminées sauvages), alors, en ce cas, la solution est simple: arrachage à main avant la montée en fleur.

Pour ce qui est des insectes…

  • Doryphore (petit coléoptère rayé, beige et noir, dévorant les feuilles, y installant ses oeufs orangés), Robert suggère de les ramasser adulte à la main, tôt au printemps, ou encore d’écraser les oeufs, tout simplement.
  • Pucerons: utiliser un savon insecticide.
  • Altise (puce de terre, un coléoptère noir de quelques millimètres qui saute lorsqu’on s’approche et qui laisse de petits cercles ronds entourés d’une lisière beige jusqu’à des feuilles en dentelles). Pour s’en débarasser, on peut tenter l’arrosage à l’eau froide au soleil à midi, ou encore l’écrasage à la main (ils sont léthargiques par temps chaud).
  • Mouche de la carotte et mouche de l’oignon: utiliser une toile flottante, ou, sinon, des semis sans éclaississage.
  • Vers gris (bucheron du jardin). Prévention? Des boîtes de métal, plastique ou du papier de toilette enfoncé à deux pouces dans le sol. Également, garder les tas de fumier et de compost recouverts d’une toile géotextile à partir du mois d’août. Sinon, les ramasser la nuit avec lampe de poche ou le matin, à la base des plants attaqués.
  • Vers blanc. Travail du sol en profondeur à l’automne. Sinon, emprunter une poule et la lancer (figurativement parlant) vers votre jardin.
  • Vers taupin (fil-de-fer) : même chose que pour le vers blanc.
  • Chrysomèle rayé du concombre (coléoptère jaune avec trois lignes noires sur la longueur). Celui-là est attiré par l’odeur du concombre et par les fleurs jaunes. On propose de placer des soucoupes jaunes remplies de savon insecticide sur le sol, ou encore des morceaux de plastique jaune recouverts d’une colle de type « Tangle-Trap », ou encore de placer vos concombres et melons au côté de plantes odorantes dont l’absinthe, l’origan ou des tagètes.
  • Teigne du poireau (papillons de nuit ou chenilles jaunâtres, qui grigone la surface des jeunes plants au printemps). Solution? Ramasser les chenilles de première génération à la main, au printemps, détruire les feuilles fortement infestées, ou écraser les chenilles au travers de la feuille. S’il envahissent vos plans d’ail, les récolter rapidement.
  • Criocère du lys (coléoptère souvent rouge fluo). On les ramasse à la main.
  • Piéride du chou : utiliser un savon insecticide ou encore de l’eau salée.
  • Limaces. Fabriquer des « pièges à bière ». Ou encore entourer vos plans de coquilles d’oeufs écraser. Sinon? Récolter en soirée ou par temps humide.

Fait à noter : éviter de composter les végétaux contaminés!

Parallèlement, assurez vous de laisser une belle places aux insectes ayant des effets positifs pour votre jardin. On parle ici de coccinelles, d’araignés, de chauve-souris ou encore de vers de terre.

En ce qui concerne les maladies…

Selon les cas… Oïdium: arronser dessus et dessous les feuilles par beau temps. Mildiou: fraîcheur et humidité. Anthracnose: utilisez du bicarbonate de soude neuf fois par semaine. Rouille: même chose, mais une fois par semaine. Pourriture apicale: ajouter du calcium (lait, coquilles d’oeufs, engrais marin). Enfin, coeur creux de la patate, causé par une sécheresse prolongée ou un excès d’azote.

Voilà.

Quelques lectures en ce sens? Robert Bélanger vous propose de jeter un coup d’oeil sur le livre Mon potager en santé de Lili Michaud. Ou encore La culture écologique des plantes légumières d’Yves Gagnon.

Petite note, avant de se laisser: l’équipe d’Éco-Quartier vous invite également à venir assister à un atelier sur le vermicompostage. Si vous voulez en apprendre un peu plus sur cette question, rendez-vous le mardi 10 août prochain, 19h, au 798, 12e Rue, à Limoilou.